Gérard Allard, candidat PS - Décembre 2013

lundi 9 décembre 2013

Notre délégation comprenait : Dominique BADIER, Yvette BOURRY, Gaëlle BOUILLY, Martin GRACINEAU et Marie HAYE.

Nous avons commencé l’entretien en rappelant le contexte de notre venue : la mobilisation pour le maintien de l’école maternelle Le Corbusier s’organise autour des représentants des parents d’élèves, qui n’habitent pas tous la Maison Radieuse, et qui sont par ailleurs affiliés à la FCPE. Elle s’organise également au sein d’un collectif d’usagers de l’école et de citoyens. Elle est activement soutenue par le Conseil Syndical, l’AHMR, la Fédération Européenne des Habitants des Unités d’Habitation de Le Corbusier, ainsi que par la Fondation Le Corbusier. Dans le cadre de cette mobilisation, nous sommes appelés à rencontrer les candidats à l’élection municipale, afin de connaître leur position sur la question de l’école Le Corbusier, et obtenir des engagements.

Gérard Allard nous fait part de son incompréhension face à la décision de fermeture : « Les effectifs n’ont pas beaucoup évolué depuis une dizaine d’années. Il n’y a pas moins d’élèves qu’avant. Je ne comprends pas que l’Éducation Nationale fasse de cette fermeture une priorité. » Il nous témoigne son soutien : « Je suis d’accord avec vous. Il ne faut pas fermer cette école. Ce serait idiot. »

Nous lui expliquons que le maire Gilles Retière s’était engagé à défendre l’école, à l’occasion d’un rendez-vous qu’il avait eu avec les représentants des parents d’élèves. Nous lui demandons ce qu’il en serait pour lui s’il était élu.

Gérard Allard nous répond que si Gilles Retière continue de défendre l’école, et que ce qu’il met en place engage le maire suivant, il poursuivra ; s’il est élu, bien-sûr.

Nous lui indiquons qu’il y a urgence : les prévisions d’effectifs sont en passe d’être remontées à la DASEN. 30 enfants sont inscrits à ce jour pour la rentrée prochaine : il ne manque que quelques élèves pour dépasser le seuil fixé à 32. A la mi-janvier, forte de ces prévisions d’effectifs, la DASEN prononcera ou pas une décision de fermeture à suivre. Après ce stade, il sera beaucoup plus difficile d’obtenir que la DASEN fasse marche arrière. Nous ne pouvons pas attendre mars prochain.

Gérard Allard nous répond que dans un premier temps, il s’engage à communiquer sa position dans la presse. De son point de vue, et plutôt que de « monter à Paris frapper aux portes des ministères », il serait sans doute plus utile de demander audience auprès de la DASEN. Il s’engage à la rencontrer avec nous. Il précise qu’il ne rendra pas public cette démarche car, dans le cadre de sa campagne, il serait accusé d’instrumentaliser une mobilisation à des fins électorales.

Nous l’informons que la DASEN et l’IEN en charge de l’école renvoient la faute à la mairie, et attendent que le périmètre soit revu. Dans le même temps, l’élue en charge de l’éducation à la ville a déjà, et à plusieurs reprises, fait part de son opposition à tout changement de périmètre scolaire. Les représentants des parents d’élèves ont mis l’IEN et le maire en relation à la demande de ce dernier, afin qu’une rencontre soit organisée. Mais depuis, aucune nouvelle.

Gérard Allard répond que la mairie n’a pas à sa connaissance le pouvoir de s’opposer à une fermeture décidée par l’Education Nationale, mais qu’il cherchera confirmation de cela. Il nous apprend que le maire a écrit fin novembre dernier un courrier à la DASEN. Sur la révision du périmètre, il répond d’abord que cela peut fragiliser d’autres écoles : Plancher par exemple est en danger si on lui enlève des élèves.

Nous lui expliquons que le nouveau quartier des Bourderies compte 350 logements dont 100 livrables dès l’an prochain, auxquels s’ajoute l’école d’éducateurs qui ouvre en 2014, et dont les personnels et les usagers peuvent prétendre à des dérogations pour scolariser leurs enfants à l’école maternelle. Nous avons d’ailleurs sollicité le directeur de l’école, qui a diffusé l’information auprès de ses personnels. Quant à l’école Plancher, elle fait déjà le plein (si l’on considère qu’avec les nouveaux rythmes scolaires, il faut des locaux). Port au Blé déborde d’enfants. Les parents FCPE de l’école Port au blé, ainsi que le directeur, rejettent d’ailleurs les seuils fixés à 32 élèves par classe, qui n’offrent pas selon eux de bonnes conditions d’accueil des enfants. Nous ajoutons que la question du périmètre ne fragilise pas de la même manière une école primaire, comme Plancher et Port au Blé, qu’une école maternelle, qui ne scolarise les enfants que pour trois années. Enfin, nous insistons sur le fait que renforcer l’école Le Corbusier, c’est aussi renforcer Plancher.

Gérard Allard acquiesce et répond qu’il est nécessaire de fournir des élèves à l’école, pour empêcher sa fermeture à la rentrée prochaine, dans la mesure où elle remplira encore mieux son office prochainement, avec le nouveau quartier des Bourderies, qui doit selon lui être intégré dans le périmètre de l’école Le Corbusier. Il nous demande la carte des périmètres scolaires que nous avons en notre possession. Il ajoute qu’il parlera de tout cela lors de la réunion du groupe d’élus qui a lieu le soir même, ainsi qu’au maire, et qu’il s’engage sur la question du périmètre.

Nous ajoutons qu’il y a sans doute également quelque chose à creuser autour des dérogations. Nous lui donnons l’exemple d’une famille qui a demandé une dérogation de Port au Blé vers l’école maternelle Le Corbusier, au motif que notre école offrait de meilleures conditions de scolarisation compte-tenu des effectifs. Cette dérogation lui a été refusée. A l’inverse, les dérogations de l’école Le Corbusier vers Plancher pour rapprochement de fratrie sont systématiquement acceptées. Nous demandons que les demandes de dérogation vers notre école soient acceptées, sans condition. Cela nous semble une piste à la fois pour désengorger Port au Blé, assurer le maintien de l’école Le Corbusier, et prendre en compte la proximité des deux écoles par rapport au domicile des parents.

Gérard Allard acquiesce. Il note scrupuleusement tout ce que nous disons, et nous demande le nom de la famille dont la dérogation a été refusée, car il compte poser des questions à la municipalité sur sa politique en la matière. Pour autant, il ne peut s’engager sur notre souhait de voir les dérogations vers l’école Le Corbusier acceptées sans condition.

Nous lui répondons que nous ne connaissons pas le nom de la famille, mais que nous pouvons lui faire parvenir l’information. Nous ajoutons que dans de nombreuses communes, les inscriptions sont centralisées par la mairie avec les demandes de dérogations. Cela lui donne une hauteur de vue qui permet une meilleure répartition des élèves dans les écoles, pour des effectifs plus équilibrés. D’ailleurs, la FCPE est favorable à cette mesure.

Gérard Allard nous répond que c’est une piste intéressante, mais qu’« il ne faut pas faire cela au coup par coup. » Il en parlera au maire, car c’est lui qui pourra décider de cela avec l’adjointe à l’éducation, et sous réserve que les agents municipaux soient en nombre suffisant pour assurer ce travail supplémentaire. Il ne peut donc s’engager sur cette revendication non plus.

Nous abordons avec lui la spécificité de l’école : classée monument historique, elle se trouve sur le toit d’un immeuble construit par Le Corbusier dont on fêtera bientôt le soixantenaire. Elle participe de l’« utopie appliquée » en constituant un vecteur fondamental de lien social dans la maison.

Gérard Allard n’en doute pas, mais de son point de vue, l’argument patrimonial ne constitue pas une raisons suffisante pour obtenir un régime d’exception : « S’il y avait cinq enfants dans l’école, je vous dirais que c’est normal de la fermer, que l’école soit du Corbusier ou pas. Ce qu’il faut faire, c’est s’assurer que l’école fasse le plein.

Nous lui expliquons que pour des raisons de sécurité, l’école ne peut accueillir plus de 45 enfants, donc pas assez pour remplir deux classes avec les seuils actuels. La Maison Radieuse compte en outre 55 % de logements sociaux. Certains enfants scolarisés à l’école réclament une prise en charge étroite et délicate, qui ne peut s’accommoder d’effectifs chargés. Dans le cadre de la politique menée par le Ministère de la Ville, la Maison Radieuse fait partie de la Zone Urbaine Sensible « Château / Mahaudières ». L’Etat et les pouvoirs publics offrent à ces quartiers des moyens renforcés. L’école Le Corbusier ne pourrait-elle pas en bénéficier ?

Gérard Allard nous répond que la politique de la ville s’oriente vers une re-définition de ces zones, pour aider mieux, moins de zones. La ZUS dont nous parlons sera sans doute déclassée, car elle ne pose pas autant de difficultés que d’autres en région parisienne par exemple.

Nous revenons sur le caractère exceptionnel de l’école : la mixité sociale dans l’immeuble et dans la Maison n’empêche pas une grande sérénité dans la vie quotidienne. La Maison Radieuse n’est pourtant pas équipée de caméras de vidéo-surveillance, ni de digit-codes. Nous pensons que la fréquentation de l’école contribue à tisser des liens entre les enfants et les habitants. Quand les enfants grandissent, ils posent moins de problème que dans la plupart des grands ensembles HLM. Tout ce que l’État dépense pour l’école Le Corbusier, il ne le dépensera pas plus tard, pour la sécurité et l’insertion des jeunes dans la société.

Gérard Allard acquiesce. Il nous affirme que l’école Le Corbusier sera une priorité pour lui s’il est élu.

Comme il nous demande si nous bénéficions d’une couverture médiatique, nous le rassurons sur ce point en listant les principaux médias qui ont relayé notre mobilisation. Nous lui faisons remarquer que le seul qui ne l’ait pas fait est « Rezé mensuel », le journal municipal. Nous lui racontons que les représentants des parents d’élèves de l’école Le Corbusier ont été sollicités par une journaliste de Rezé mensuel, qui était venue en octobre interroger des parents sur la situation de l’école. La journaliste, très intéressée, prenait beaucoup de notes. Un photographe a pris rendez-vous le lendemain pour prendre des photos des enfants. Tout cela devait sortir dans le numéro de décembre. Mais nous n’avons rien vu paraître.

Gérard Allard nous fait part de son étonnement et nous promet qu’il va poser la question.

Nous demandons à ce que l’article paraisse, assorti d’une communication volontariste de la mairie. Pour inciter les gens extérieurs à l’immeuble à inscrire leur enfant à l’école, nous demandons à ce que la mairie fasse en sorte qu’il soit possible aux familles de déposer leur enfant dans le hall, au passage des animateurs du périscolaire qui emmènent les enfants le matin de Plancher vers l’école Le Corbusier.

Gérard Allard note nos demandes. Il prend les coordonnées de Virginie Bourget, représentante des parents d’élèves, et de Gaëlle Bouilly, pour le collectif, afin de nous tenir informés de ses démarches.

Agir pour le maintien de l’école Le Corbusier

Bienvenue sur le site du collectif de défense de l’Ecole maternelle Le Corbusier de la Maison Radieuse (Rezé, Loire Atlantique).
Des habitants du Corbu et des quartiers alentours, parents d’élèves de l’école, l’Association des Habitants de la Maison Radieuse, la Fédération Européenne des Associations d’Habitants des Unités d’Habitation Le Corbusier et des personnes sensibles au maintien d’un service public de qualité, constituent ce collectif.
Notre objectif est de maintenir ouverte une école menacée de fermeture depuis 2012.
Soutenez-nous, découvrez l’école, obtenez des informations pour y inscrire votre enfant, signez la pétition en ligne, découvrez l’actualité du collectif.

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Notes

[1Les photos du site sont publiées avec l’aimable autorisation de la Fondation Le Corbusier - © Tous documents photographiques FLC/ADAG Paris 2014